La Guerre Tombée du Ciel

Auvergne-Rhône-Alpes

seconde Guerre mondiale

De la colorisation ou comment introduire l’incertitude dans une recherche historique

« Hier ne peut jamais ressembler à demain ;
Rien n'est pérenne, sauf la mutabilité.
 »

Frankenstein ou Le Prométhée moderne de Mary Shelley

 

Le défi que représente la colorisation, au-delà des obstacles techniques, relève de l’extravagance. Redonner des couleurs à une image, c’est ramener à la vie une scène qui pour des raisons technologiques et historiques n’a pas pu être saisie dans ses tons d’origine. Les gradients de gris ne sont pas autant de codes attribués à des couleurs. Aussi l’image en noir et blanc transcrit une infinité de nuances en un nombre plus restreint d’équivalents. Si le passage de la couleur au noir et blanc revient à diminuer la masse d’informations, coloriser nécessite d’ajouter des données qui ne sont pas contenues dans le document.

Concernant notre travail certaines bases objectives sont connues : couleurs des camouflages, uniformes et textures de certains détails (bois, métal, etc …). Par contre l’ensemble des éléments ne dépendant pas de ces domaines est soumis à l’incertitude voire à l’absence de connaissance.  Quid des cheveux ? Des yeux ? Du ciel ? De l’état réel de l’herbe ? Du tissu ayant servi à la confection des vêtements de tel ou tel badaud ? Et pourtant il faut choisir. Décider de l’inconnu est une gageure qui statistiquement génère de l’erreur. Ainsi il faut rester conscient que la plupart des éléments périphériques des images publiées ici sont des « mensonges ». Oui, coloriser est en soit accepter l’erreur, la commettre et l’intégrer dans un vaste ensemble où se côtoient réalité et fantasme.

Ce que vous allez consulter sur cette page est une recherche que nous soumettons, pas une vérité que nous assénons.  

Dewoitine D 520 du Groupe de Chasse I/1, Lyon-Bron, été 1942. Les bandes dites d’« armistice » imposées par l’Allemagne sont bien visibles sur le capot moteur. Noter l’obturation des orifices des mitrailleuses MAC 34-M39 visible sur les bords d’attaque des ailes. Le canon Hispano-Suiza de 20 mm reste par contre bien visible au centre de la casserole d’hélice (Archives municipales de la ville de Lyon)

Lyon-Bron 1938 : pilote non identifié de l’ERC (Escadrille Régionale de Chasse) 562 devant un Nieuport-Delage NiD 622. Sur le flanc de l’appareil on note l’emblème de l’unité : un aigle rouge survolant le blason de la ville de Lyon. Pendant que le pilote prend la pause et se laisse immortaliser, un mécanicien procède à d’ultimes vérifications avant le vol alors que le moteur est déjà lancé. La couleur de la combinaison de vol est hypothétique. A cette époque l’ERC 562 en possède de trois tons différents : noir, beige et gris bleu. L’appareil, quant à lui, arbore une livrée vert sombre (Coll. Kauffmann)

Morane-Saulnier MS406 n° 986, immatriculé L-576, de la 2nde escadrille du GC I/2. Cliché du 17 juin 1940 pris à Corbas lors du transit de l’unité vers Montpellier-Fréjorgues où elle arrivera le lendemain (Archives municipales de la ville de Lyon)

Pilotes du GC III/9 en date de mars 1940 devant les hangars de l’aérodrome de Lyon-Bron. De gauche à droite : S/Lt Combébias, S/Lt Picot, Cap Billon, Cap Tournu, S/Lt Mottard, S/Lt Goursommet et Cap Cotte (Coll. Kauffmann)

Vendredi 26 mai 1944 / 10h40 : B 24 du 55th Bomb Wing (15th Air Force) survolant l’agglomération lyonnaise après avoir visé le quartier de Lyon-La Mouche. Certains quadrimoteurs arborent une livrée vert-olive alors que d’autres « non peints » brillent sous les rayons du soleil. Sur le cliché on reconnait facilement la Presqu’Ile bordée par le Rhône et la Saône. La fumée des explosions s’élève de part et d’autre de l’avenue Berthelot. Avec le raid conjoint sur Lyon-Vaise, la capitale des Gaules est sévèrement touchée ce jour-là. Plus de 800 victimes sont dénombrées (N.A.R.A.)

P-47D-30 (s/n 44-33663) du GC III/6 Roussillon lors du meeting de Grenoble, été 1945. Cette unité a participé à la réduction de la poche de Royan en avril 45 avant de se porter en Allemagne en support de la 1ére Armée Française jusqu’à la fin des hostilités. On peut nettement apercevoir l’emblème dit du « masque africain » juste en dessous de l’habitacle (Coll. Kauffmann)